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Les TMS, un mal Breton.


vendredi 06 novembre 2009 - Ouest france

Filetage du poisson chez Capitaine Houat, où les salariés et leurs représentants ont été associés à une démarchede prévention, afin de limiter les accidents du travail. : Charles Josse
Filetage du poisson chez Capitaine Houat, où les salariés et leurs représentants ont été associés à une démarchede prévention, afin de limiter les accidents du travail. : Charles Josse

Le trouble musculo-squelettique (TMS) : un mal breton

Deux fois plus de cas en Bretagne que dans le reste de la France. Même s'il est le plus touché,le secteur de l'agroalimentaire n'est pas le seul concerné par ce « mal du travail ».

Qu'est-ce que les TMS ?

Les troubles musculo-squelettiques, encore appelés affections périarticulaires, regroupent les nombreuses pathologies des muscles, tendons, nerfs. Ils affectent principalement les membres supérieurs, poignet, coude, épaule, mais aussi la région lombaire. Ces lésions sont dues à des gestes répétitifs au travail. Très invalidant, le TMS impose des arrêts maladie longs, voire des inaptitudes définitives au travail. « Avec des risques importants de désinsertion sociale », note Donald Goldie, directeur de la Cram, la Caisse régionale d'assurance-maladie de Bretagne.

Le cas breton

Le trouble musculo-squelettique, responsable à lui seul de 90 % des maladies professionnelles, est un mal très breton. Les 3 300 cas déclarés chaque année en Bretagne représentent 10 % du total national alors que la population bretonne salariée ne pèse que 5 % de la population française. Le coût direct des TMS (remboursements de soins et indemnités journalières) est estimé à près de 3 millions d'euros par an par la Cram. Une somme qu'il faut multiplier au moins par deux si l'on y ajoute la désorganisation dans l'entreprise et le coût social. Le problème touche de la même manière les salariés des entreprises agricoles relevant de la MSA.

La faute de l'agroalimentaire ?

Plus de 40 % des TMS sont développés dans l'agroalimentaire alors que celui-ci représente autour de 20 % de l'emploi salarié. Thierry Balannec, ingénieur-conseil en charge des risques professionnels à la Cram ne veut cependant pas stigmatiser ce secteur : « C'est le secteur le plus touché, mais c'est aussi celui qui a fait le plus d'efforts de prévention et qui enregistre les progrès les plus notables. » Après l'agroalimentaire, le bâtiment et la métallurgie sont les secteurs les plus concernés. Fait nouveau : les services à la personne (aide à domicile en particulier) apparaissent désormais dans le haut de la liste. Ce sont ici les lombalgies qui posent problème.

L'exemple Capitaine Houat

Hier, à l'initiative de la Cram, cent vingt entreprises bretonnes étaient représentées à Pontivy pour un échange sur les « bonnes pratiques » de prévention des TMS. Éric Gosselin, directeur de Capitaine Houat, entreprise de filetage de poisson à Lorient, y a témoigné de son expérience. En 2006, la société déclarait quarante accidents du travail et six nouveaux cas de maladie professionnelle par an pour un effectif de 200 salariés !

« Nous avons fait de la résolution de ce problème un véritable projet d'entreprise. En agissant à la fois sur les aspects biomécaniques (ergonomie du travail) et les aspects psychosociaux car un certain mal-être au travail s'était installé. » Résultat de trois ans d'efforts, accompagnés par la Cram : l'absentéisme a été plus que divisé par deux. L'an dernier, Capitaine Houat, lié au groupe Intermarché, n'a déclaré que deux TMS et trois accidents du travail alors que le volume de poisson traité progressait de 17 %. « Optimisation de la production et réduction de la souffrance au travail ne sont pas contradictoires », professe le patron de Capitaine Houat.

Jean-Laurent BRAS, Ouest-France

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