Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Syndicat CGT ONNO
  • : Site d'infos du syndicat cgt ONNO
  • Contact

Accords convention collective

Accord DIF industrie Charcutière : cliquez sur le lien ci-contre : link

Accord prévoyance : avenant du 28 janvier 2010 :   link

Accord prévoyance : avenant du 15 avril 2010 : link

Accord du 26 janvier 2011 Salaire minima Industries Charcutières 2011 :link

Recherche

Adhèrez à la CGT à Pontivy !

 

 

Besoin d'un renseignement : 

 

Au 06 38 55 29 65

 

Pour adhérer à la CGT envoyer un message en indiquant votre nom, prénom et n° de téléphone, à ce lien, nous vous contacterons rapidement ou télécharger le document et envoyer le par courrier ou mail, à l'adresse indiquée. A bientôt.

 

 

Archives

Play list

16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 14:06



Crise du lait : Leclerc accuse le gouvernement et la FNSEA

Propos recueillis par Ivan Letessier

16/06/2009 
Michel-Édouard Leclerc : «Qu'on arrête le cinéma  ! L'administration connaît parfaitement les marges de chaque distributeur et de chaque magasin».
Michel-Édouard Leclerc : «Qu'on arrête le cinéma  ! L'administration connaît parfaitement les marges de chaque distributeur et de chaque magasin». Crédits photo : Le Figaro


INTERVIEW EXCLUSIVE - Michel-Édouard Leclerc s'insurge contre Michel Barnier et les politiques qui ont désigné la grande distribution comme bouc émissaire dans cette crise. Il s'interroge sur l'ambiguïté des relations entre le gouvernement et le principal syndicat agricole.

LE FIGARO. - Les producteurs de lait ont multiplié des actions contre les distributeurs. Quel en a été l'impact pour les centres Leclerc ?
Michel-Édouard LECLERC. - Il est trop tôt pour mesurer l'impact commercial, mais il y a plus grave. L'impact matériel est considérable. Il y a eu beaucoup de casse dans l'Ouest suite aux mots d'ordre nationaux de la FNSEA, qui a appelé à durcir les positions. Il y aura des plaintes au pénal. On était à la limite de l'affrontement entre nos salariés et les casseurs, qui ne sont pas nos fournisseurs. Les politiques ont joué avec le feu, et il y aura des séquelles. Je n'ai pas répondu aux invectives avant aujourd'hui pour ne pas ajouter à la tension ambiante. Rétrospectivement, tout cela est un double gâchis. Un gâchis pour les distributeurs, car leur image est écornée alors qu'ils soutenaient la consommation depuis le début de l'année, en baissant les prix. C'est aussi un gâchis pour les agriculteurs, qui sont apparus comme des casseurs.

Comment jugez-vous la gestion de la crise par le gouvernement ?
Les politiques ne sortent pas grandis de cette affaire : aucun ministre, ni à l'Agriculture, ni à Bercy, ni à l'Intérieur, n'a appelé à la paix des corporations. Michel Barnier ne s'est pas grandi en désignant la distribution comme bouc émissaire. Non seulement il ne défend pas la politique agricole commune, mais son appel aux contrôles le décrédibilise. L'an passé, les pouvoirs publics ont adoubé la nouvelle PAC et entériné la dérégulation des marchés agricoles, puis Bercy a interdit la fixation professionnelle des prix du lait. Il est criminel de laisser les acteurs dos à dos. Il est urgent de jeter les bases de la reconstruction avec nos fournisseurs, qui ne sont pas les casseurs. Nous pouvons comprendre qu'il fallait laisser Michel Barnier gagner les élections européennes. Mais laisser la situation dévier de cette façon, c'est lamentable. Cette démission des pouvoirs publics pose la question de l'ambiguïté des relations entre la FNSEA et le gouvernement.

Comprenez-vous la réaction des agriculteurs à la baisse du prix du lait qu'ils vendent aux industriels ?
Oui. Il y a des agriculteurs dans la panade, qui ont été trompés. L'année dernière, Luc Guyau et Jean-Michel Lemétayer leur assuraient que la hausse des prix était durable, demandaient la hausse des quotas laitiers et prévenaient qu'il fallait s'attendre à une hausse des prix. Du coup, les producteurs ont été pris de court par le retournement du marché. La situation est invivable pour les petites exploitations trop atomisées.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de pratiquer des marges beaucoup trop élevées sur les produits agricoles ?
Parler de marges des distributeurs en général n'a aucun sens. Si Leclerc est moins cher que Casino sur les crèmes dessert par exemple, c'est que nos marges sont inférieures aux leurs. Mais les agriculteurs ont mis tout le monde dans le même panier.

Quelles sont les marges réalisées par les centres Leclerc sur le lait et les produits laitiers ?
La brique d'un litre de lait premier prix, qui représente 44 % de nos volumes, nous est facturée 49 centimes, et nous la revendons 55 centimes dans nos rayons. C'est un peu culotté de nous interpeller sur ce sujet : d'une part, le prix d'achat est fixé uniquement entre les producteurs et les industriels ; d'autre part, le prix de vente est contrôlé par les syndicats agricoles, et on se fait casser les rayons si nous descendons en dessous. Sur le lait premier prix, notre marge brute est donc limitée à 12 % et notre marge nette (après la prise en compte des frais de fonctionnement du magasin) est inférieure à 1 %. Pour le lait de marque, le profit net se situe entre 1 % et 3 %. En général, sur les produits agricoles, la marge brute moyenne est comprise entre 27 et 30 %, et la marge nette entre 1,5 % et 1,8 %. On voit bien que si la puissance publique nous demande de baisser nos marges, cela n'influera pas sur les cours de la matière première.

Le gouvernement a annoncé la création d'une brigade de contrôle, afin d'optimiser le fonctionnement de l'observatoire des prix et des marges. Êtes-vous prêt à plus de transparence ?
Qu'on arrête le cinéma ! L'administration connaît parfaitement les marges de chaque distributeur et de chaque magasin. Nos marges sont bien plus transparentes que celles des coopératives ou des industriels. Il n'y a pas besoin d'aller chercher des inspecteurs supplémentaires. Si le but de la réunion de mercredi est de se mettre d'accord sur les formalités de récupération des informations, c'est un autre sujet.

Que proposez-vous pour améliorer la situationdes producteurs ?
Mon appel à la sortie du conflit se situe dans une optique de reconstruction. Il ne faut pas ralentir l'évolution structurelle de la filière. La rémunération de l'agriculteur ne peut dépendre d'une économie administrée. Pour augmenter ses revenus, il faut revaloriser les produits laitiers. Les distributeurs sont bien placés pour accueillir une offre renouvelée, mettre en scène des articles de qualité, en insistant sur leur label ou leur origine. Nous souhaitons être le partenaire d'une filière qui se restructure, mais nous ne voulons pas être le bouc émissaire d'un syndicalisme qui ne se remet pas en cause et qui ternit l'image de la distribution avec de faux procès.

Des distributeurs ont proposé de reverser 10 centimes par litre de lait aux producteurs, en augmentant les prix. Cela reporte le problème sur les consommateurs, qui s'étonnent déjà que le prix des produits laitiers n'ait pas plus baissé depuis le début de l'année.
Nous avons proposé un surprix pendant sur une période de trois à quatre mois, en attendant des mesures structurelles. Cette proposition n'a pas trouvé d'audience pour le moment, car le front syndical était divisé, ce qui pose au passage le problème de la représentativité de la FNSEA. Bercy a interdit aux professionnels de s'entendre sur le prix d'achat. Mais si les pouvoirs publics entérinent une hausse des prix du lait, les centres Leclerc ne s'opposeront pas à son application. Par ailleurs, en 2008, les industriels, arguant de la hausse des matières premières, nous ont imposé des hausses de tarif. Cette année, malgré la baisse des cours (de 30 % pour la poudre de lait), aucune baisse de tarif n'a excédé 2 %. Ce ne sont pas nos marges qui ont augmenté, ce sont les tarifs qui n'ont pas baissé. La LME n'a donc pas empêché les industriels, qui tiennent à se refaire en 2009, de refuser de baisser leurs prix.

Partager cet article

Repost 0
Published by Syndicat de la charcuterie
commenter cet article

commentaires